Arrivé à Paris en 1973, il écrit quelques critiques pour le journal « LIBERATION » et « Artpress ». Il a aussi l'occasion de travailler comme stagiaire auprès de Philippe Garrel, Benoît Jacquot, et au montage avec Jean Eustache.
Jacques Richard débute sa carrière à dix neuf ans en devenant l'assistant d'Henri Langlois à la Cinémathèque Française, où il peut découvrir tous les chefs-d'uvre du Septième Art. Puis il réalise un premier long-métrage à l'âge de vingt ans, LE VIVARIUM avec Fabrice Luchini, alors jeune comédien, Michael Lonsdale, et la chanteuse Catherine Ribeiro. Ce premier film fait de nombreux festivals, est présenté en avant-première à la Cinémathèque par Henri Langlois lui-même, puis sort à Paris à l'Olympic. Ce premier film surprend, dérange, intrigue ou séduit. Frédéric Mitterrand écrit alors: « Jacques Richard ressemble à ces lycéens de Terminale, dont on ne sait pas s'ils vont rafler tous les prix, ou mettre le feu au lycée! »
A 23 ans il fonde sa propre Société de production Les Films Elémentaires avec laquelle il va souvent produire ses propres films LE ROUGE DE CHINE, film poétique noir et blanc tourné en Ecosse où l'on peut entendre la voix d'Antonin Artaud, REBELOTE, film muet avec Jean-Pierre Léaud, présenté à Cannes en 1983 dans la Section, PERSPECTIVES.
Puis la productrice de "Diva", Irène Silberman, le remarque et lui produit ses deux prochains films : AVE MARIA d'après un scénario de Paul Gégauff et dont l'affiche fit scandale, avec Isabelle Pasco crucifiée les seins nus sur une croix, et Anna Karina, puis CENT FRANCS L'AMOUR avec Richard Bohringer et Pierre-Loup Rajot.
En 1988, il est le co-fondateur de l'Association Henri-Langlois et fait réaliser sa tombe au cimetière Montparnasse, monument tout en verre, composé de 250 photos de l'histoire du cinéma.
Depuis 1975, Jacques Richard a réalisé 70 films petits ou grands, pour le cinéma ou la télévision, dont de nombreux courts-métrages et documentaires, le plus remarqué étant LE FANTôME D'HENRI LANGLOIS, portrait de trois heures trente du fondateur de la Cinémathèque Française et créateur du Musée du cinéma, film présenté en Sélection Officielle à Cannes en 2004, puis distribué largement aux Etats-Unis, en salles et en dvd. Martin Scorsese a salué «ce travail de mémoire fondamental»
Enfin, en 2009, il tourne L'ORPHELINE AVEC EN PLUS UN BRAS EN MOINS, co-écrit avec Roland Topor, peu avant sa disparition, un film qui a donc mis 13 ans à se monter.
Le Père Jésuite Jean Diard, fondateur de la Résidence d'artistes Confluences, ami de Renoir et de Rossellini, a dit de Jacques Richard : « Ce qui est original chez lui, c'est qu'il représente le classicisme dans la modernité ».